L’appât
du grain
L’appât
du grain
est une exposition collective qui réunit les
œuvres d’une
dizaine d’artistes, dont une majorité entretient
un lien
privilégié avec la malterie.
Le projet
consiste de prime abord
à dessiner un pont, du sud au nord de la ville, entre les
deux
espaces d’expositions. Car le grain, qu’il soit
d’orge ou de
blé, est le dénominateur commun à la
malterie et
à la Halle au Sucre, qui l’ont toutes deux
stocké,
entreposé, manipulé.
Issues de
ce grain, les affinités
électives des bâtiments se laissent
appréhender :
architectures industrielles en briques, époques respectives
de
construction et d’abandon... autant de
caractéristiques qui
dessinent le paysage d’une ville et témoignent de
son
histoire.
Dans ce
contexte, l’appât
du grain peut
s’envisager comme une façon de recomposer une
mémoire
collective fragmentée dont l’oiseau, proie
idéale,
serait devenu le motif.
…
Mais
l’appât
du grain est
surtout un projet qui s’amuse à confondre la fin
et les
moyens et se plait à établir un lien de
simultanéité
entre profit et préjudice. C’est pourquoi avec
autant
d’ironie que de mélancolie, l’exposition
interroge
également la conscience et l’incertitude de notre
appartenance au monde.
La
conscience dont il est question
ici est celle du constat, que les artistes utilisent, souvent, comme
principe liminaire. C’est par des
procédés patients
d’observation, d’immersion et
d’échantillonnage, que des
artistes comme Marina
Rosselle ou
Samuel Buckman
s’attachent ainsi à sonder
l’étant donné
d’un contexte. L’image qu’ils en
restituent, pleine
d’incertain, de
fortuit, d’indéterminé,
d’infra mince et d’ultra
sensibilité1,
ébranle méthodiquement nos certitudes.
Plus
sensibles aux ressorts de
l’acception commune, c’est également sur
la base d’une
observation rigoureuse et d’une analyse fine que
Valérie
Vaubourg ou
Emmanuelle
Flandre
élaborent leurs pièces : par le biais de
rapprochements élémentaires ou de subtils
camouflages,
les deux artistes corrompent les lieux communs, usant de
l’imitation
comme d’un piège pour mieux permettre
l’irruption de
décalages radicaux.
Comme il
en va du monde, l’appât
du grain énonce
ainsi la question des stratégies, des tactiques et des
artifices. En réaction aux calculs qui conditionnent nos
relations à l’altérité, de
façon aussi
souvent dérisoire qu’illusoire, les artistes
cherchent des
alternatives : chez Laurence
Nicola ou
Stéphane
Benault, elle
consiste à opposer au réel des espaces
énigmatiques
et indiciels, des objets hybrides ou incongrus. De cette relation
poétique au monde se dégage une forme
d’utopie, grain
d’une folie qui consisterait à percevoir de
travers et à
poser de guingois pour mieux confirmer
l’étrangeté de
la réalité.
L’appât
du grain
relève donc d’attitudes risquées. Si
cette
conscience des
incertitudes est un des fondements des travaux du collectif Qubo
Gas, on la
perçoit également, sous une toute autre forme,
dans les
performances d’Antoine
Defoort :
chez ces artistes en particulier, la réalité est
reconfigurée à l’aune d’un
espace mental aussi
étrangement onirique que sciemment ironique. Mais les
compositions qui en résultent sont aussi subtiles et
délicates
dans les œuvres de Qubos Gas qu’elles peuvent
être
excessives et volubiles chez Defoort.
Sachant
opposer une forme de
naïveté curieuse à
l’agressivité des
contextes, les artistes réunis par
l’appât
du grain
partagent ainsi une forme de suspicion systématique envers
toute formule sémantique éprouvée.
Sans réels
moyens de production, comme beaucoup parmi leur
génération,
ils se plaisent souvent à juxtaposer, superposer, hybrider,
sapant de la sorte toutes illusions de profondeur, au sens propre
comme au figuré, dont nous aimons communément
nous
repaître.
L’appât
du grain,
où il serait question d’oiseau et
d’artifices, de pièges
et de désenchantement…
Anne
Desplanques
……………
1
Nathalie
Pierron Bonnicke au sujet de Samuel Buckman
PRESENTATION
DES ARTISTES
STÉPHANE BENAULT
L’ensemble de mon travail a pour point de départ
une prise directe avec le réel : objets,
corps, espaces, paysages.
Il
s’agit toujours d’un détournement et
d’une déviation de ce réel.
Je
travaille aussi très souvent par couple
d’opposés, jeu de dualités : le positif et le
négatif, l’absence et la présence,
l’interne et l’externe…
Plusieurs
thématiques sont récurrentes, le corps, ses
espaces, ses
limites, ainsi que le paysage, non pas appréhendé
dans sa dimensiontraditionnelle
mais comme lieu de potentialités, espace
énigmatique et indiciel.
Chaque
oeuvre a un processus d’élaboration
spécifique, je ne privilégie aucun média ou
technique mais je cherche toujours une adéquation entre fond et forme ; cependant on
peut rattacher l’ensemble à un travail de sculptures et
d’installations.
D’autre
part, j’ai réalisé ou fait
réaliser des objets le plus souvent anthropomorphes, des objets hybrides,
combinaison entre le réel et le poétique.
Dans un
premier temps mes oeuvres étaient axées autour du
corps, mes
derniers travaux traitent plutôt du paysage, par emprunts,
citations,
prélèvements, images trouvées,
synthétisant des formes soulignant des contours.
Des lieux
de l’esprit où se développent des
territoires personnels, poétiques, énigmatiques,
où s’y déploient formes et symboles.
S. B.
SAMUEL
BUCKMAN
Notes de
quoi ?
Les Notes de paysage de
S.Buckman sont d’abord des invitations au
voyage, à comprendre comme étant de nature
endotique.
Elles
sont tout à la fois des moments à fleur, des
répits incertains sur image, des aphorismes à
lire,
écouter ou s’entre-chuchoter.
Déployées
grâce à des moyens techniques
variés, elles se cheminent, se parcourent, se respirent, un
peu
comme on le ferait en
se promenant sur un sentier d’été.
Offrant pourtant
à l’oeil et même à
d’autres sens, plus
d’incertain, de fortuit,
d’indéterminé, d’infra mince et
d’ultra sensibilité qu’on en
n’aura peut-être jamais rencontré,
S.Buckman
parvient à faire écueil avec ces Notes à une conception
moderne de l’art et de sa relation au monde
objectif. Leur
paysage ou plutôt géo-poétique, est
passée
au filtre d’une forme nouvelle de projet cartographique qui
déjoue le
point de vue unique, brouille les échelles, détourne la langue
des légendes et, ultime
caractéristique, réfute
l’idée de lieu. Ainsi le
réel qu’il dessine s’affirme comme une
constellation
d’instants, rythmés de mots, de sons, de joies
intérieures, d’émotions, en somme de choses qui dans la
vie comme
dans l’art se refusent à être saisies comme fixes.
Nathalie
Pierron-Bonnike.
ANTOINE DEFOORT
Je cherche à
maintenir une bonne ambiance et un taux de porosité
élevé entre mes lubies de saison, la vie, la
vraie, et
l’art contemporain. Je me retrouve donc souvent aux prises avec des
contradictions flagrantes qui sont soit fièrement
assumées, soit honteusement dissimulées au moyen d’effets de
manche, de sauts du coq à l’âne et de digressions sauvages.
Indigence=élégance
est le titre générique d’une compilation transdisciplinaire et
anti-thématique de performances variées,
sélectionnées pour l’occasion (voire
même fabriquées in-situ), dans laquelle le
jeanfoutre côtoie le bien foutu, et le tragique
cohabite avec l’incongru. J’ai même le droit (contre toute forme
de déontologie professionnelle) de tirer des trucs de mes
autres spectacles, après tout les groupes de rock le font bien
sans vergogne.
D’ailleurs,
si je pouvais choisir, je dirais bien que je suis un
groupe de rock indé unipersonel qui fait une performance
d’art vidéo avec des
références chorégraphiques.
Et puis
comme disent si bien les néerlandais : « Antoine
Defoort springt van de hak op de tak en maakt als humoristische beeldenstormer de gekste
zijsprongen »
A.D.
EMMANUELLE
FLANDRE
L’objet quotidien,
produit manufacturé de grande consommation, est matière
première de ma pratique.
Les
objets et matériaux usuels sont choisis,
prélevés pour leur banalité, leur caractère
ordinaire et familier, leur qualité, leur pouvoir
d’évocation.
Ils sont
aussi sélectionnés en fonction de leur forme, de
leur couleur,
de leur texture et sont destinés à être
détournés, assemblés,
agencés,
moulés, dessinés…
Ce sont
ces micros gestes qui constituent le protocole de mise en oeuvre, ils testent les
possibles mutations, la malléabilité de
l’objet, de
la matière.
Ces
opérations ténues génèrent
une métamorphose qui suggère une réflexion sur la
nature de ces objets, proposent avec humour une nouvelle relation à ces
derniers. Les matériaux, objets, techniques, soumis
à ces
contraintes mettent en question leurs identités,
éprouvent la fragilité de notre regard sur les choses
ou, au contraire, leur intégrité.
«
Point de croix » est constituée de centaines de
croisillons de carrelage, agencés au mur de
façon à reproduire le motif d’une
grille servant à réaliser une broderie. Le titre
souligne l’analogie formelle entre le
matériau et ce qu’il représente. Que
reste-t-il de
leurs inscriptions dans leurs environnements
originels une fois la transformation
effectuée ? l’identité d’un
motif est-elle
liée à son inscription
générale dans un champ formel ?
à sa réalisation technique ? La
question du support se pose ensuite. Sa réalisation au mur
contraint son
inscription dans un environnement, sa dépendance
à
l’espace qui la reçoit et affirme le
caractère
ornemental de la pièce.
Le
répertoire d’objets et de matériaux
reste
identifiable, mais il n’est pas forcément
présenté en tant que tel. Son sens premier,
son
inscription dans un environnement s’efface au profit
d’un nouveau point de vue qui se traduit par une
volonté
d’inscrire l’objet
dans une
double lecture, confrontant la nature du
présenté et du représenté,
afin de
multiplier les points de vue et d’éprouver sa
capacité
à nous saisir, à capter notre attention et
à jouer avec notre perception.
E.
F.
LAURENCE
NICOLA
Ma pratique vidéo
développe des mises en scènes où le corps est toujours
éprouvé. Ce corps, je le confronte à
des
objets, à des matières, à
d’autres corps. Ces associations provoquent des situations et
des actions incongrues.
Je veux
faire ressurgir des sensations, des états émotifs latents. J’aborde
les désirs, les frustrations et les non-dits.
Il
s’agit de modifier les paramètres habituels de la
rencontre
avec l’Autre.
Le besoin
d’incarner ce que je montre impose ma présence
à
l’image. La démarche est intuitive :
j’évolue et je trouve dans
l’expérience de l’instant
enregistré.
Je
privilégie le gros plan associé à la
frontalité, à la fixité du plan-séquence ; je
souhaite que le spectateur ressente les images avant même
d’en saisir le sens, comme dans le rêve.
Les sons
ou les silences participent de cette immersion.
Les
actions filmées mènent progressivement
à un
univers inquiétant, absurde. L’angoissant peut
devenir
risible et le risible, grinçant. Le
caractère sensuel voire érotique des
images place la perception du spectateur dans un équilibre
fragile, qui peut à tout moment basculer de
l’attrait au rejet.
L.
N.
|RETOUR|
QUBO GAS
Notre travail
s’inscrit dans une pratique du dessin
confronté ponctuellement à l’outil
informatique
dans une sorte de va et vient perpétuel. Le fait
main et les technologies informatiques se
croisent et se répondent au gré de nos projets
qu’ils soient de l’ordre du programme informatique, du
dessin, du collage ou du « wall
drawing ». Ce va et vient incessant se comprend aussi bien dans l’utilisation
même des différents outils mais
très largement aussi dans le processus
d’élaboration des dessins. De la même manière que nous
travaillons par couches, par épaisseurs
ou surfaces successives pour composer une image dans le logiciel de dessin Photoshop, nos dessins
et collages découlent de cette
fusion de feuilles et motifs dans un assemblage délicat et
raffiné.
Les
divagations graphiques de chacun s‘enchevêtrent, se
superposent comme autant de strates mêlant motifs
crayonnés, feutre, collage, aquarelle ou
mêmes éléments digitaux, constituant
ainsi une
alchimie mystérieuse et foisonnante.
Le crayon
glisse, les éléments flottent et
prolifèrent en un chaos fertile,
s’étalant du papier au mur dans des «
wall drawings » envahissants. Les manies graphiques se
confrontent, s’entrelacent telles
d’étranges intrusions jubilatoires, mettant ainsi
en place un environnement fusionnaire et éclatant qui se
déploie à la fois sur papier, sur ordinateur et
dans l’espace.
L’hybridation
artistique de notre travail vient de l’association
même de
nos trois personnalités et dans notre pratique graphique qui
emprunte
autant à des opérations informatiques tel que le
copier-coller, qu’au dessin basique au feutre
coloré. Le copier-coller, le « sampling
» graphique, l’entrelacement et
la fusion du savoir faire de chacun participe à cette sensation
d’arborescence hybride qui se manifeste dans notre travail.
Si nos
dessins exaltent une dynamique instinctive et spontanée
proche de
l’instantané, nos programmes informatiques posent
la question
de la temporalité par la conception de projet
évolutif dans la durée. Shimmy
Shimmy Grass (2003) et Uki-yo (2004), deux programmes évoluant de
manière autonome à l’infinie, suivent
le schéma du cycle en se
développant de manière lente et continue dans le
temps.
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VALÉRIE VAUBOURG
Quotidiennement,
s’étalent, dans les médias, alternance
et porosité d’images de nature et de contextes
distincts, qui pourtant participent des
mêmes
circuits médiatiques. Images servies par une même
puissance qui nivelle le sens : confusion du
cliché publicitaire et de l’image de la violence.
Mes
propositions supposent que notre vision de la
réalité, notre conception de la normalité,
l’acceptation de la violence quotidienne, sont constamment
suscités
et influencés par l’image et le langage. Je me sers de la profusion
d’images déversées en jouant de
l’ambivalence des juxtapositions pour les
mettre en évidence. Je reproduis plastiquement ces jeux de perception en
provoquant des décalages sémantiques, et des détournements de
sens. Je pense ma pratique comme pluridisciplinaire, me situant dans les arts
plastiques, me nourrissant des arts appliqués, autant dans le champ contemporain
que dans celui de l’histoire. La sociologie, la sémantique sont
des disciplines essentielles pour comprendre et utiliser les ressorts de la communication.
J’emprunte à
différentes disciplines (design, stylisme,
publicité…) en utilisant divers moyens
(signalétique, papier peint, tissu
imprimé…) le motif décoratif
étant un de mes moyens privilégiés,
puisant dans
les motifs préexistants, les utilisant à la
fois comme citation et comme stratégie iconique.
M’appuyant
sur l’imaginaire collectif dominant, les lieux
communs, l’habitus (tel qu’il est défini
par
Bourdieu), mes installations peuvent parfois faire croire
à une connivence esthétique
avec les goûts d’une certaine bourgeoisie. En
devenant
motif d’un papier peint ou d’un
textile, les images de violences sont
neutralisées et réduites à une
fonction
décorative, le motif est répétitif et
les
mêmes scènes se reproduisent
jusqu’à former
une ligne, un chemin ; appuyant ainsi la récurrence du
propos.
Mon
travail agit plutôt comme un révélateur
de
situations existantes et de représentations courantes.
Décalages, recadrages de la vie ordinaire pour
à la fois révéler les
ressorts du fonctionnement dit « normal » de notre
mode de
vie par l’irruption d’un élément
perturbateur et faire émerger à la
conscience cette ambivalence. Le spectateur devient alors un
collaborateur qui perçoit l’installation en
ses propres termes.
V.V.
MARINA
ROSSELLE 
Marina Rosselle construit des
fictions au travers de maquettes de
lieux, de bâtiments, construits avec divers
matériaux de
récupération, dans lesquelles sont introduits des
petits films recréant des ambiances croisées.
Quelques
mots pour approcher son univers : récupération,
appropriation, construction, déchets, lieux à
l?abandon
déconsidéré, paysage
poétique, intime, ? et
manouche.
«
Sans sortir les violons et les robes à volants, je
voudrais préciser que je fais partie de ceux que
l’on
appelle les “gens du voyage”. La caravane fut mon
habitat,
pas seulement pendant la période estivale, mais à
l’année. Ce mode de vie se caractérise
par des espaces traversés, des espaces pluriels, des
appropriations
successives. Ce sont généralement des espaces qui
vont
être transformés par le développement
urbain, ce
sont des lieux déconsidérés ou
méprisés.
Ayant
vécu dans des endroits que d’aucuns peuvent
qualifier de non lieux, il était important pour moi de
qualifier
ces espaces qui ont été mes espaces de vie, et
qui jouent
un rôle très important dans la structuration de
mon
identité. J’ai refusé de parler de ces
paysages sur
un mode folklorique ou par des représentations
traditionnellement associées aux gitans. Mon travail renvoie
à une perception directe et à des
expériences
personnelles, il veut opposer au regard condescendant sur ce mode de
vie ou bien à l’indifférence un paysage
qui
contient sa poésie propre (…).”
M.R.
LIEUX
ET HORAIRES
...exposition l'Appat du grain
Exposition
du 14 février au 13 avril 2008 dans deux lieux d'exposition
présentant chacun un aspect du projet :
Espace Le Carré / La Halle Aux Sucres
Angle rue de la Halle / Rue des Archives
59000 Lille
Bus ligne 3
(direction "Wambrechies -
Agrippin" à partir de Lille Flandres)
Arrêt
"Lille
- conservatoire". Puis remonter l'avenue du peuple Belge (5mn
à pied),
la halle aux sucres est au n°33, faire le tour pour
accéder au Carré.
Ouvert
du mercredi au samedi de 14h à 19h
Le dimanche de 10h à
13h et de 15h à 18h
Renseignements :
03.20.74.46.96
Vernissage
ouvert à tous le 14 février à 19h
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La malterie
250 bis Bld Victor
Hugo
59000 Lille
Metro Porte des postes,
puis remonter le Bld Victor Hugo (3mn à pied).
Ouvert du
Jeudi au Samedi de 15h à 19h ou sur Rdv.
Renseignements : 03.20.78.28.72.
Vernissage ouvert
à tous le 15 février à 18h30
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